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LA MEUTE, de Catherine Etcheverry



Naissance d’un récit de vie contée par Sophie De Baets, Réveilleuse d’histoires

Je me souviens ...


Je me souviens de la première fois que Catherine m’a appelée, de mon envie de travailler avec cette voix joyeuse sur laquelle je n’avais pas encore mis un visage.


Je me souviens d’avoir longuement discuté de son intention, de son objectif à livrer un récit. Pour sécuriser notre travail, pour que la créativité, la beauté prenne toute la place et n’en laisse que peu au découragement et aux regrets.


Je me souviens avoir tout fait pour installer la confiance, trouver la fréquence dans notre relation et m’être ensuite laissée porter par elle.


Mes retours, mes suggestions, mon enthousiasme passaient par cette connexion. J’ai eu du plaisir à voir le texte grandir, s’éloigner du sujet, y revenir avec plus de force.


Je me souviens de nos détours dans d’autres textes, d’autres contes, d’autres auteurs : peau d’âne, le bon petit diable de la comtesse de Ségur, la place du loup dans différentes cultures...


Je me souviens de cet incident de vie et de l’interruption de plusieurs mois dans l’avancement de l’histoire de Catherine, et du désir vif qu’elle a eu à y revenir, du plaisir à retrouver ses mots, sa vie. 


Je me souviens des lectures à voix haute avec ma collègue Réveilleuse Frédérique.


Je me souviens du plaisir d’échanger nos impressions Frédérique et de partager nos pensées, nos retours à Catherine.


Je me souviens n’avoir jamais oublié de conforter Catherine dans sa posture d’autrice de sa vie :
« Nous posons des questions, proposons des suggestions, c’est toi qui sens, c’est toi qui SAIS ».


Et enfin : le voilà !
Oui, c’est lui, chacune le voit, chacune le sent, il est là le texte, elle est là l’histoire, cette partie de l’histoire qui appelle à être lue.


Moments de fierté, d’accomplissement, de sérénité.

 

Qu’il soit présenté à ses lecteurs !


C’est l’histoire d’une meute, une meute humaine.


Des enfants, Cathy et Titou, un loup rassurant, des cafés où l’alcool coule dès le matin tôt, anesthésie, fait passer le temps, déclenche des drames, dégaine des armes...


Le scénario n’est pas américain, il est bien belge. Il se déroule à Anderlecht, Vilvoorde, Jette... L’école n’aide pas Cathy et Titou, certains psychologues non plus. Et c’est bien l’une des raisons d’être de ce livre : aider à comprendre ce qui se passe dans la tête d'une enfant que l’aigle noir visite, tente de dévorer.


Le livre lève  un voile sur les gueules cassée, psychés fracassées, histoires invraisemblables qui se déroulent au vu de tous, mais que nous ne pouvons vraiment voir que si on nous raconte l’histoire.


Et cette histoire est terrible, drôle, haletante, remplie d’amours folles, et ... se termine bien !


Catherine Etcheverry a ce don de nous faire passer sur l’autre rive, au-delà du Canal, de la dérive. Je n’aurais jamais pu m’y promener et l’explorer aussi bien sans elle.



Merci Catherine de nous offrir ton récit, d’embarquer chacun d’entre nous sur le pont entre les deux rives, de montrer à tous qu’une résilience est possible, et que les blessures, comme les tatouages entre frères et sœurs sont là pour la vie.

 

Sophie De Baets, Réveilleuse d’histoires

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